Me Charles Poncet, avocat genevois faisant partie du collectif d’avocats représentant les investisseurs suisses actionnaires de Tiko, projetait, au cours du mois de juin, d’effectuer une visite à Madagascar. Il prévoyait alors de participer à la conférence de presse donnée par les avocats du groupe, le 15 juin dernier, au Carlton. Mais le voyage a dû être avorté. Le motif : l’ambassade malgache en Suisse aurait rejeté sa demande de visa.
Pour mieux comprendre le cours des événements, il faut remonter jusqu’à la conférence de presse susmentionnée. Les avocats de Tiko avaient alors déclaré leur intention de déposer des requêtes auprès des tribunaux malgaches et internationaux pour obtenir réparation des préjudices causés à Tiko qui a été victime d’actes de déprédation, particulièrement le 26 janvier, ainsi qu’aux actionnaires étrangers, notamment suisses, qui ont investi leurs capitaux au sein du groupe. A ce propos,
«nous allons adresser cet été une demande d’indemnisation au Cirdi, le Centre international de règlement des disputes en matière d’investissements», avait souligné Me Poncet.
Pour rappel, la société a évalué ses pertes, suite aux pillages, destructions et incendies des bâtiments, installations, véhicules et marchandises, à 102 milliards d’ariary. Elle doit également 45 milliards d’ariary de dettes auprès de ses partenaires financiers.
Mais, parallèlement, Me Charles Poncet entend interpeller la Cour pénale internationale (CPI) quant aux
«violations des droits de l’homme à Madagascar». Dans cette optique, plusieurs procédures auraient déjà été engagées et suivraient leur cours normal actuellement.
Nous avons essayé de joindre l’ambassadeur malgache en Suisse, Rajemison Rakotomaharo, afin de s’enquérir de ses impressions sur la question, mais sans succès puisqu’il faut savoir également que celui-ci préside en ce moment la commission réconciliation nationale des assises régionales pour le compte d’Analamanga.
Tsiry Andrianina